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Les IST
11/01/2008

Eh oui ! Non seulement les IST existent, mais elles font un retour en force depuis quelques années, surtout chez les séropositifs.

Certaines n’avaient jamais disparu : les chlamydioses (genre de chaude-pisse en moins douloureux), les condylomes (les verrues sur le sexe ou l’anus). L’hépatite B a toujours été très fréquente, et 7 % des séropositifs au VIH sont porteurs d’une hépatite B chronique. Mais, ici, un vaccin existe.

Progressivement sont revenues en force la blennorragie (la « vraie » chaude-pisse), la syphilis, et dernièrement la lymphogranulomatose vénérienne (LGV).

Ces maladies sont particulièrement fréquentes chez les gays séropositifs, peut-être parce qu’ils sont mieux dépistés, peut-être parce qu’ils y sont plus sensibles, peut-être aussi parce qu’il y a désormais pas mal de séropos qui sont dans des circuits de bareback.

Les modes de transmission ne sont pas les mêmes pour toutes ces maladies. Si la LGV est associée à des rapports de pénétration souvent violents (fist-fucking par exemple), la syphilis se transmet très bien avec une simple fellation. Mais c’est à partir du moment où les gens ont commencé à ne plus se protéger que ces maladies sont revenues, et ont commencé à toucher également ceux qui se protègent (du moins qui protègent les pénétrations).

Et, depuis peu, des questions se posent devant la survenue d’hépatites C attrapées dans un contexte de sexe non protégé…

Comment s’y prendre pour échapper à ces maladies qui provoquent le plus souvent une simple gêne (blennorragie) mais qui peuvent aussi être mortelles (hépatite B) ?

Quand on découvre sa séropositivité, un bilan des IST est normalement réalisé. Il permet notamment de savoir si on a été en contact avec la syphilis ou les hépatites virales. Si l’on n’a jamais été en contact avec l’hépatite B, le vaccin est formellement recommandé. Car non seulement l’hépatite B peut être à l’origine d’une cirrhose du foie ou d’un cancer, mais son évolution est généralement plus grave quand on est porteur du VIH.

Pour les autres maladies, les règles de prévention sont les mêmes, qu’on soit séropositif ou séronégatif : protection des rapports sexuels avec pénétration.

Au cours du suivi de la séropositivité, il ne faut pas hésiter à aborder sa sexualité avec le médecin. C’est gênant ? Oui, mais utile. Vous pensez qu’il risque d’être choqué par vos pratiques ? Testez-le !

Si on a une sexualité ouverte, avec des pratiques non protégées (comme la fellation), il est utile de faire le point, annuellement, sur les IST (en l’absence de symptômes, car ces maladies sont parfois discrètes) : sérologie de la syphilis, prélèvement urinaire à la recherche de chlamydiae, un point sur les hépatites, frottis cervico-vaginal chez les femmes, anuscopie chez les hommes ayant des rapports anaux réceptifs, prélèvement vaginal ou rectal.

La vaccination contre l’hépatite B doit être à jour. La vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour les hommes ayant des rapports homosexuels.

Quelques règles de base :

- se protéger… d’une manière adaptée aux pratiques
- être à jour de sa vaccination contre l’hépatite B, et si nécessaire contre l’hépatite A
- en cas de rapports non protégés (même s’il s’agit uniquement de rapports bouche sexe) avec des partenaires multiples ou occasionnels, faire un bilan annuel à la recherche des principales IST, incluant des tests sérologiques et des prélèvements
- frottis cervico-vaginal de dépistage chez les femmes ; frottis anal chez les hommes ayant des rapports anaux
- Et avant tout, en cas de symptômes, il faut consulter immédiatement. Beaucoup d’IST vont avoir des symptômes passagers et disparaître, avant de réapparaître sous forme de complications.

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