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Le VIH et l’Hépatite C
24/01/2008

L’hépatite C est la plus fréquente des hépatites chroniques virales chez les personnes atteintes par le VIH.

En France, on estime que 24.3% des personnes infectées par le VIH sont atteintes par le VHC. La transmission par le sang, commune aux deux virus, explique cette fréquence. Le contact avec le sang (avant 1992, situations susceptibles d’avoir entraîné une transfusion sanguine ou l’administration de produits dérivés lors d’interventions chirurgicales importantes, de séjours en réanimation, en néonatalogie, en cas d’hémorragies... ; quelle que soit la date, en cas d’usage de drogues par voie intraveineuse) expose à un risque de contamination par le VHC.

Quels risques pour mon VIH ?

Il n’y a pas de manifestation spécifique de l’hépatite chronique C chez les personnes atteintes par le VIH et pas de retentissement de l’infection virale C sur l’histoire naturelle de l’infection VIH ou sur l’efficacité immunologique du traitement antiviral.

Quels risques pour mon hépatite ?

L’infection par le VIH a pour principales conséquences sur l’hépatite chronique C :

- une augmentation de la charge virale VHC, ce qui contribue à augmenter le risque de chronicité et à accélérer l’évolution de l’hépatite chronique, avec progression plus rapide de la fibrose. Cela s’observe principalement chez les personnes fortement immunodéprimées (avec un taux de lymphocytes CD4 inférieur à 200 par mm3) et chez celles qui consomment des boissons alcoolisées.
- une diminution des chances de succès du traitement antiviral C combinant l’interféron pégylé et la Ribavirine.
- une augmentation du risque de transmission du VHC de la mère à l’enfant au cours de la grossesse et du risque de transmission sexuelle.

Quel traitement pour l’hépatite ?

La plus grande agressivité du VHC en cas de co-infection, l’amélioration du contrôle de l’infection par le VIH dans la majorité des cas et les progrès dans le traitement de l’hépatite chronique C sont trois arguments pour proposer un traitement de l’hépatite C aux personnes également atteintes par le VIH.

Le traitement de l’hépatite C chez les personnes atteintes par le VIH, de même que chez les personnes non atteintes par le VIH, repose sur une bithérapie ribavirine + interféron pégylé.

Le traitement de l’hépatite C chez le co-infecté associe l’Interféron pégylé (180 µg d’alpha 2a ou 1,5 µg d’alpha 2b par voie sous-cutanée chaque semaine) et la Ribavirine (800 mg pour les génotypes 2 et 3 ; 1 000 - 1 200 mg pour les génotypes 1 et 4) pour 48 semaines en fonction de la tolérance et de la réponse au traitement.

Le traitement par l’interféron pégylé est compatible avec les autres médicaments actifs contre le VIH. L’interféron n’a pas d’efficacité contre le VIH.

L’interféron entraîne une diminution du nombre de lymphocytes CD4. Cette diminution est en général de l’ordre de 100/mm3 et elle ne modifie pas le rapport CD4/CD8. A l’arrêt du traitement, le taux de CD4 revient rapidement à un taux proche du taux initial, avant la mise en route du traitement.

Les interactions potentielles entre la Ribavirine d’une part et les analogues nucléosidiques inhibiteurs de la reverse transcriptase (Zidovudine majorant anémie et neutropénie ; didanosine et stavudine exposant à un risque d’acidose lactique et de toxicité mitochondriale ou de décompensation de cirrhose pour la didanosine) justifient la recommandation qu’en cas de traitement antiviral par interféron pégylé et ribavirine, zidovudine, didanosine et stavudine soient remplacées, dans la mesure du possible, par d’autres antirétroviraux.

Le taux de réponse au traitement est globalement inférieur à celui obtenu chez les patients VIH négatifs.

Pour plus d’infos sur les hépatites, vous pouvez contacter Hépatites Info Service par téléphone (0 800 845 800, 9h-23h, appel anonyme et gratuit) ou par Internet sur le site www.hepatites-info-service.org

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