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J’arrête
14/02/2008

Les scientifiques, aujourd’hui, sont de plus en plus hostiles aux arrêts thérapeutiques. De multiples essais ont été menés ces dernières années pour tenter de mettre au point des protocoles d’interruption thérapeutique qui permettraient aux malades de « faire une pause » tout en préservant l’efficacité à long terme des médicaments. Le constat, aujourd’hui, n’est pas favorable à ces arrêts thérapeutiques. Les conséquences (augmentation de la mortalité, survenue de maladies opportunistes) sont en effet défavorables à court terme (raison pour laquelle beaucoup d’essais ont été interrompus plus vite que prévu) mais aussi à long terme.

Il n’empêche que, quand on en a vraiment marre, qu’on n’en peut plus, qu’on a envie de voyager sans contraintes, bref, dans de multiples circonstances, la tentation d’arrêter le traitement est forte. Parfois, on a même le sentiment qu’il n’y a pas d’autre solution.

Et, après tout, chacun est libre de faire ses choix, non ?

Quelques conseils et informations, cependant.

- Quand on envisage d’arrêter son traitement, il est tout de même utile d’en parler d’abord à son médecin. Parfois ça se passe mal, c’est vrai, mais c’est quand même le meilleur moyen pour minimiser les risques éventuels. La surveillance pourra être adaptée aux circonstances.
- Arrêter son traitement, c’est prendre des « vacances thérapeutiques ». Ce qui signifie que, comme pour les vraies vacances, elles ont une fin. En revanche, concernant les vacances thérapeutiques, on ne sait pas exactement quand elles se terminent. Mieux vaut alors y être préparé.
- Tout arrêt thérapeutique va s’accompagner d’un rebond de la charge virale, souvent important, au point que, parfois, on a l’impression de refaire une primo-infection. Ce n’est pas forcément grave. Ce n’est pas forcément anodin non plus. D’où l’intérêt de la surveillance médicale.
- Comme la charge virale remonte, on redevient beaucoup plus contaminant que sous traitement efficace.
- Le risque des vacances thérapeutiques est très lié à ce qu’on appelle le nadir des CD4 (c’est-à-dire le nombre le plus bas de CD4 qu’on a eu depuis la contamination). Quand on n’est jamais descendu en dessous de 350 CD4, il y a beaucoup moins de risque immédiat à arrêter le traitement que lorsqu’on a eu 30CD4 à un moment.
- Il ne faut pas trop attendre pour reprendre le traitement. Si les CD4 baissent trop, non seulement on se retrouve en danger, mais les effets indésirables risquent d’être plus importants.

Beaucoup de personnes arrêtent leur traitement toutes seules, sans en parler à quiconque, de peur d’être jugées ou rejetées par les soignants. Pourtant, même si les arrêts ne sont pas du tout recommandés actuellement, on en limitera toujours les risques en les encadrant médicalement. S’il ne paraît pas possible d’en parler avec ses soignants, il y a d’autres lieux où on peut être informé (c’est l’un des rôles des écoutants de Sida Info Service).

Si, décidément, vous ne voulez en parler à personne, évitez quelques erreurs lourdes de conséquences.

  1. Il vaut mieux arrêter tout son traitement que seulement le (ou les) médicaments dont on a marre. Cela permet de limiter le risque d’émergence de résistances,
  2. Si on a une trithérapie comprenant du SUSTIVA ® ou de la VIRAMUNE ®, il faut décaler l’arrêt des médicaments. Ce qui veut dire qu’on arrête d’abord SUSTIVA ® ou VIRAMUNE ®, puis, une petite semaine plus tard, les autres antirétroviraux,
  3. SI vous êtes sous BACTRIM ® ou que vos CD4 sont proches de 200/mm3, surtout continuez le BACTRIM ®. Il vous protégera au moins de certains risques de maladies opportunistes,
  4. Et ne perdez jamais le contact avec vos soignants, bien au contraire.

Enfin, assurez-vous que l’arrêt du traitement constitue bien la bonne réponse à vos difficultés. Il y en a peut-être d’autres beaucoup moins dangereuses.

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