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Est-ce que ça marche ?
14/02/2008

C’est une bonne question !

On s’est longtemps demandé si les antirétroviraux marchaient vraiment. Et, il faut dire qu’au début, ça ne marchait pas si bien que ça… C’est l’association de plusieurs médicaments entre eux (les trithérapies, le plus souvent, qui sont composées de 3 molécules différentes) qui ont vraiment changé l’évolution de l’infection par le VIH. Au point qu’aujourd’hui, on meurt de moins en moins du sida. Et que, lorsque le traitement a été instauré suffisamment tôt, ce risque est encore moins élevé.

Les experts qui ont rédigé le dernier rapport français sur la prise en charge de l’infection par le VIH estiment que, lorsque les CD4 sont au-dessus de 500/mm3 et que la charge virale est contrôlée, il n’y a pas de différence de mortalité entre les séropositifs et les séronégatifs. Donc, ça marche.

Mais comment savoir si ça marche pour soi ?

Si l’objectif du traitement est, à terme, de permettre une restauration du système immunitaire, on mesure l’efficacité des antirétroviraux par l’intermédiaire de la charge virale, c’est à dire la mesure de la quantité de virus présente dans le sang.

Lorsque cette charge virale est tellement faible qu’on n’arrive même plus à la mesurer, on dit que la charge virale est indétectable (le seuil le plus habituellement pratiqué est de 40 copies/ml, mais on utilise déjà des tests qui mesurent jusqu’à 20 copies/ml). On est alors en succès virologique, et, du fait de la maîtrise du virus, les CD4 vont progressivement remonter (ce qui peut parfois être long).

Pour qu’un traitement soit efficace, la charge virale doit non seulement être indétectable, mais le devenir rapidement, surtout quand il s’agit d’un premier traitement et lorsque la charge virale est élevée (au dessus de 100 000 copies/ml). C’est pourquoi les médecins prescrivent parfois un traitement lourd au début, qu’ils vont alléger par la suite. En effet, si la charge virale baisse trop lentement, on risque de voir arriver des résistances au traitement par la suite ;

- La charge virale doit être indétectable 6 mois maximum après son instauration
- La charge virale doit avoir baissé de 2 logs minimum (voir la rubrique sur la charge virale) au bout de 3 mois, et/ou être inférieure à 400 copies/ml
- La charge virale doit avoir baissé d’au moins 1 log au bout d’1 mois

Si ces critères ne sont pas remplis à l’instauration d’un traitement, le médecin peut modifier le traitement, dès les premières semaines.

S’ils sont remplis plus vite que dans ce schéma, cela signifie que le traitement est non seulement adapté, mais rapidement efficace. C’est l’un des meilleurs remparts contre un échec thérapeutique ultérieur.

Mais, pour en arriver là, il y a une contrainte : le respect scrupuleux des modalités du traitement, des quantités, de la fréquence des prises. Heureusement, les traitements deviennent de moins en moins contraignants.

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