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La charge virale
21/02/2008

La charge virale, c’est quoi ?

La mesure de la charge virale consiste à compter la quantité de virus présente dans le sang.

Comment ça se pratique ?

La technique (appelée PCR pour Polymerase Chain Reaction) est un peu compliquée. Elle consiste à rechercher des éléments génétiques du virus, puis à les multiplier, afin d’amplifier leur présence. Ceci explique pourquoi le résultat est rendu en « copies / ml ».

Comme si ce n’était pas assez compliqué, le résultat est également rendu en « log » (pour logarithme). Pourquoi ? Parce que les logarithmes permettent de mieux apprécier les variations de la charge virale (les matheux comprendront, les autres n’auront plus qu’à prendre leur téléphone et appeler Sida Info Service).

Cet examen est réalisé dans un laboratoire de virologie, donc pas n’importe où. Cependant le prélèvement peut être effectué dans tout laboratoire d’analyses biologiques. Il sera ensuite congelé, puis transféré au laboratoire spécialisé.

A quoi ça sert vraiment ?

La charge virale sert avant tout à suivre l’efficacité d’un traitement. L’état de santé n’est pas dépendant de la charge virale. On peut aller très bien avec une charge virale élevée, et très mal avec une charge virale basse.

On considère qu’une charge virale est :
- Elevée quand elle est supérieure à 100 000 copies/ml (5 logs)
- Plutôt faible quand elle est inférieure à 10 000 copies/ml (4 logs)

Elle peut atteindre des valeurs très importantes, en particulier au cours de la primo-infection. On est alors souvent à plusieurs millions de copies/ml, voire 10 ou 15 000 000 copies /ml).

Sous traitement efficace (qui contrôle la réplication du virus), la charge virale est dite indétectable, c’est-à-dire inférieure à la plus petite charge virale mesurable par le laboratoire. Actuellement, le seuil habituel est de 40 copies/ml.

Ma charge virale bouge…

Attention : ne regardez pas les copies, regardez les logs…

Un petit truc : pour les chiffres ronds, il y a autant de logs que de zéros.
- une charge virale à 100 copies/ml correspond à 2 logs (2 zéros)
- 1 000 copies/ml correspond à 3 logs (3 zéros)
- 10 000 copies/ml correspond à 4 logs (4 zéros)
- 100 000 copies /ml correspond à 5 logs (5 zéros)
- 1 000 000 copies /ml correspond à 6 logs (6 zéros)

En revanche, entre les logs, les décimales ne sont pas calculables aussi facilement. Il y a des calculatrices pour ça. C’est le problème des logarithmes…

Pourquoi s’embêter avec ça ? Pour ne pas s’inquiéter sans raisons, essentiellement. Car seule une variation d’au moins 0, 5 log veut dire quelque chose. Sinon, il ne s’agit que de variations banales qui n’ont pas de signification particulière.

Un exemple

Si, lors de 2 bilans successifs, la charge virale passe de 10 000 copies/ml à 20 000 copies/ml, ça peut faire peur, puisqu’elle semble avoir doublé.

Si on regarde les résultats traduits en logarithmes, on voit que 10 000 copies/ml correspondent à 4 logs et que 20 000 copies correspondent à 4, 3 logs.

La variation est donc de 0,3 log, ce qui est moins que 0,5. Ce n’est pas une variation significative.

La charge virale sous traitement

Elle doit bouger, évidemment.

Tout traitement cherche à rendre la charge virale indétectable, quand c’est possible. C’est le meilleur moyen pour que les CD4 remontent.

Evidemment, elle ne va pas être indétectable à la même vitesse selon que la charge virale de départ est de 6 000 copies / ml ou de 300 000 copies/ml.

A l’instauration d’un traitement, notamment lorsqu’il s’agit d’un premier traitement, les objectifs sont les suivants :

- Diminution de la charge virale d’au moins 1 log au bout d’1 mois
- Diminution de la charge virale d’au moins 2 logs et / ou charge virale inférieure à 400 copies/ml au bout de 3 mois
- Charge virale indétectable au bout de 6 mois

Si ça va plus vite c’est encore mieux.

Les blips

Les blips correspondent à une remontée de la charge virale chez des personnes chez qui elle est indétectable sous traitement. Par exemple, une personne qui a une charge virale habituellement indétectable, se retrouve à l’occasion d’un bilan avec un résultat de 65 copies/ml : c’est un blip.

Les blips peuvent traduire une remontée passagère de la charge virale en lien avec un événement précis (quand on a attrapé une autre infection par exemple), auquel cas tout rentre dans l’ordre assez rapidement.

Parfois, les blips annoncent le début d’un échappement thérapeutique. Dans ce cas, ils ont tendance à se multiplier. Seul le médecin peut l’interpréter avec le temps. Pas la peine de paniquer au premier blip. En revanche, cela demande toujours à être évalué par le médecin.

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