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Deux nouvelles pistes de vaccinothérapie
23/11/2010

Les résultats intermédiaires d’un essai italien de vaccin thérapeutique sont prometteurs, si l’on en croit une publication (en anglais) de la revue PLoS ONE (novembre 2010, vol. 5, n° 11). A l’inverse d’un vaccin préventif ou prophylactique, un vaccin thérapeutique ne sert pas à protéger contre le risque de contracter une maladie, mais à empêcher la maladie de se développer chez une personne déjà atteinte. Le « vaccin Tat » s’adresse donc aux PVVIH*.

« Tat » est le nom d’une protéine du VIH. Dans la mesure où elle stimule la réplication virale, Tat est considérée comme co-responsable de l’hyperactivation du système immunitaire, et donc des complications à long terme associées à l’inflammation chronique, y compris chez les PVVIH traitées par HAART*. Le but du vaccin Tat est précisément de neutraliser cette protéine par l’injection d’anticorps antit-Tat.

Le vaccin a été testé chez 87 personnes sous trithérapie ayant une charge virale indétectable, à raison de 3 à 5 injections de Tat à 2 dosages différents réparties sur 8 ou 16 semaines. Il a permis une amélioration de divers marqueurs de l’immunité : hausse des cd4, augmentation du rapport T4/T8, repopulation en lymphocytes T et B… L’immunisation a été durable et il n’y a eu aucun effet secondaire majeur, la plupart ayant été locaux, liés à l’injection et modérés.

Cette combinaison vaccin + trithérapie semble inverser la dysfonction immunitaire causée par le virus, ou du moins réduire les altérations du système immunitaire induites par le VIH. Dans ce sens, le vaccin Tat serait bien une stratégie efficace d’intensification des HAART, qui fonctionneraient mieux quand ils sont combinés avec lui. Ces résultats encourageants ont mené à l’augmentation du nombre d’inclusions prévues dans le cadre de la suite de la recherche. Des essais supplémentaires ont été annoncés.

D’autre types d’intervention visant à la restauration de l’homéostase immunitaire (maintien de la stabilité interne du système immunitaire) chez les PVVIH sont à l’étude, comme le vaccin (thérapeutique aussi) Vacc-4x. Dans un essai, Vacc-4x n’a pas permis aux PVVIH de se passer de traitement après vaccination - ce qui était le critère principal de l’étude. Mais une réduction de la charge virale dans le groupe vaccin a été constatée par rapport au groupe placebo, et la charge virale des participant-es vacciné-es n’est jamais revenue à son niveau pré-HAART. Vacc-4x est donc un autre chantier à suivre.

Laurent Rossignol

*PVVIH : personne(s) vivant avec le VIH

*HAART (Highly Active AntiRetroviral Treatment) : trithérapie

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