info printer
La trithérapie toujours plus efficace
14/09/2011

L’efficacité des traitements actuels du VIH est confirmée par une nouvelle étude américaine menée sur plus de 5000 patient-es ayant été suivi-es à la clinique Johns Hopkins de Baltimore entre 1996 et 2010. Ces résultats ont été publiés dans l’édition en ligne de Clinical Infectious Diseases.

Le traitement du VIH n’est devenu efficace qu’à partir de 1995-96, mais il était alors souvent difficile à prendre, pouvait être à l’origine d’effets indésirables gênants, et manquait de puissance puisqu’il était souvent basé sur des antiprotéases non boostées. Qui plus est, de nombreux-se patient-es y étaient déjà résistant-es au départ parce qu’ils avaient été traité-es auparavant par mono- ou bithérapie avec une ou deux molécules entrant dans la composition de leur trithérapie.

Depuis, les progrès réalisés en matière de traitement et de soin ont été conséquents, avec notamment les antiprotéases boostées, l’apparition de non-nucléosides puissants ainsi que d’autres traitements appartenant à de nouvelles classes thérapeutiques. Parallèlement, les recommandations ont évolué et l’initiation du premier traitement est aujourd’hui plus précoce. En 1998, seul-es 44% des patient-es en traitement avaient une charge virale indétectable (objectif principal du traitement). Ce chiffre était de 79 % autour de 2002.

Autres changements importants survenus au cours de la période de l’étude, tous liés entre eux : l’âge médian des patient-es de la clinique est passé de 38 ans en 1996 à 49 ans en 2010, et la proportion de patient-es en trithérapie de 22 % à 85 %. Côté résultats biologiques, le compte médian de cellules cd4 est passé de 239 à 444/mm3, et la charge virale médiane a chuté de 10 000 copies/ml en 1996 à moins de 200 en 2010. Le taux de rétention dans le soin (proportion de patient-es resté-es en suivi) s’est amélioré, passant de 86 % pour la période 1996-2002 à 94 % autour de 2010.

Les chercheurs jugent le résultat de leur étude d’autant plus « remarquable » qu’une grande partie de leurs patient-es, dont beaucoup ont été contaminé-es par usage de drogue, sont très défavorisé-es sur le plan socio-énomique. Les ARV peuvent donc être très efficaces y compris dans certains contextes défavorables.

Ils ajoutent, faisant référence à l’intérêt du traitement comme moyen de prévention, que le niveau de suppression virale atteint par leurs patient-es pourrait avoir un impact important sur la transmission du VIH dans la communauté urbaine dont ils/elles font partie.

Plus d’infos sur Aidsmap (en anglais)

Laurent Rossignol

Partager cet article Partager sur facebook