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Atripla décidément dur pour les nerfs
5/10/2011

20 % des patient-es sous Atripla changent de traitement avant un an, principalement en raison de la toxicité de l’efavirenz sur le système nerveux central, selon une étude présentée à l’ICAAC* 2011 et citée sur Aidsmeds. Atripla, qui est une trithérapie, contient de l’efavirenz (Sustiva ou Stocrin selon les pays) et 2 autres molécules antirétrovirales.

Comment expliquer ce résultat ? D’une part, et ce n’est pas nouveau, la dose de Sustiva actuellement recommandée n’est pas correcte pour tout le monde. Des études ont montré que cette dose standard de 600 mg/jour est excessive pour de nombreux-ses patient-es, et que des dosages individualisés à 400 voire 200 mg/jour peuvent présenter la même efficacité avec moins d’effets indésirables.

D’autre part, lors d’un premier traitement ou en cas de nouveau traitement, il a également été montré que l’efavirenz gagne à être introduit graduellement. Les effets indésirables (troubles du sommeil, sautes d’humeur, dépressions…) sont moins pénibles et moins fréquents quand la quantité d’efavirenz est augmentée par palliers jusqu’à la dose correcte, au lieu d’être administrée d’un coup dès le début.

Puisqu’il contient une dose fixe d’efavirenz (en l’occurrence, la dose standard de 600 mg), le comprimé unique Atripla ne permet ni d’augmenter progressivement la dose lors du premier traitement ou lors d’un switch (changement de traitement), ni de réduire le dosage d’efavirenz pour l’ajuster au cas où le/la patient-e signalerait des effets indésirables à son médecin. C’est d’ailleurs une problématique que l’on retrouve avec toute combinaison à dose fixe en général : par définition, le traitement est moins flexible.

Plus largement, la question de la personnalisation (ou individualisation) des traitements du VIH dépend en partie aussi de facteurs économiques, puisqu’elle peut impliquer des examens biologiques coûteux permettant de déterminer qui sera potentiellement surdosé-e avec la dose standard et qui ne devrait pas l’être. Or un laboratoire japonais propose déjà ces examens à un coût qui devrait être compensé par les économies réalisées grâce à la réduction de dose rendue possible.

* ICAAC : Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy

En savoir plus (en anglais)

Laurent Rossignol

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