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Prévention du vieillissement prématuré lié au VIH
4/11/2011

Deux études publiées dans la revue Clinical Infectious Diseases s’intéressent au vieillissement prématuré des personnes vivant avec le VIH.

La première porte sur 2854 patient-es suivis entre 2002 et 2009 à Modène, Italie. Elle a conclu que les maladies de la vieillesse surviennent 10 à 15 ans plus tôt chez les PVVIH.

L’âge moyen des participant-es était de 46 ans. Traité-es plutôt tardivement, ayant souvent été exposé-es à des molécules toxiques, ¾ souffraient de lipodystrophies.

Leur taux était + élevé que celui de la population générale pour toutes les pathologies non infectieuses recherchées dans l’étude : diabète, hypertension, défaillance rénale, maladies du foie, maladies cardiovasculaires et ostéoporose. L’apparition de ces maladies était souvent associée à l’âge.

Leur probabilité d’avoir de multiples pathologies du vieillissement était également plus élevée, ce risque étant associé à l’âge, au genre masculin, à un nadir* < 200 cd4/ml et à la durée de l’exposition aux antirétroviraux.

Des facteurs liés au mode de vie constituent d’autres causes possibles du vieillissement anticipé de ces personnes : tabac, régime pauvre et usage de drogues pourraient entretenir l’activation immune et donc l’inflammation chronique.

Quelles mesures de prévention adopter pour amener le taux de mortalité des PVVIH à la normale ? Le dépistage, le diagnostic et le traitement des co-morbidités (maladies concomitantes au VIH) devrait être débuté 10 ans plus tôt que dans la population générale. Et, autre solution : l’administration d’anti-inflammatoires, comme les statines et l’aspirine, pourrait être élargie.

La seconde étude a été réalisée en Suisse sur près de 8500 patient-es vivant avec le VIH, suivis entre 2008 et 2010. Elle a mis en évidence que les pathologies non reliées au sida sont une cause majeure de maladie chez les personnes séropositives, que leur risque augmente avec l’âge, et que les PVVIH leur paient un plus lourd tribut que la population générale.

La moyenne d’âge des participant-es était de 45 ans. 81 % avaient une charge virale indétectable et ils/elles avaient en moyenne 528 T4/ml. Un tiers de la cohorte prenait un traitement pour un autre problème de santé que le VIH.

2 % des patient-es sont décédé-es au cours de l’étude, majoritairement de cancers, d’infections et de maladie cardiovasculaire. Le nombre d’événements non reliés au sida, proche de 1000, a été 10 fois supérieur au nombre d’événements définissant un sida (une centaine). Ces événements sont : pneumonies bactériennes, crises cardiaques, infarctus, diabète, fractures avec ou sans traumatisme, cancers.

Un nombre croisant de cd4 réduisait le risque de maladies reliées au VIH ou non. Une charge virale détectable augmentait le risque de pneumonie bactérienne. L’usage de tabac et de drogues renforçaient la vulnérabilité aux événements sida et non-sida.

Comme le notent les chercheurs dans leur conclusion, « L’âge étant un facteur non-modifiable, il est particulièrement important de dépister et prévenir les risques modifiables d’événements non-sida reliés à l’âge. » Le meilleur moment pour cela étant selon eux les soins de santé primaire, c’est-à-dire les consultations en médecine générale.

* nadir : taux de cd4 (ou T4) le plus bas atteint par une personne VIH+

Source : Aidsmap.com

Laurent Rossignol

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