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Les séropositives se ménopausent-elles plus tôt ?
10/11/2011

Le VIH exerce-t-il une influence sur les règles et la ménopause des femmes séropositives ? C’est une question ancienne qui a suscité des réponses discordantes. L’étude italienne DIDI, présentée à l’EACS 2001 à Belgrade en octobre 2011, a tenté d’y répondre en s’appuyant sur des données actuelles.

Les investigateurs de DIDI ont observé les facteurs associés à la ménopause précoce, définie comme une année complète sans période de menstruation qui ne soit pas expliquée par une autre cause, avant l’âge de 46 ans.

Les modifications hormonales caractéristiques de la ménopause augmentent le risque de co-morbidités (maladies concomitantes) pour lesquelles les femmes séropositives ont déjà un sur-risque, dont les troubles cardio-vasculaires et la perte de densité osseuse (ostéopénie, ostéoporose).

L’étude était menée sur 352 femmes suivies dans 15 services de maladies infectieuses. La plupart étaient traitées. Leur diagnostic VIH remontait à 11 ans en moyenne et 20 % avaient un antécédent de sida au sens de la catégorie C de la classification américaine du CDC (Center for Disease Control - Centre pour le contrôle de la maladie).

18 % des participantes avaient déjà consommé une drogue illégale et 17 % étaient des migrantes. Elles étaient âgées en moyenne de 40 ans, âge auquel la péri-ménopause survient la plupart du temps dans la population générale (population séronégative). Les patientes ont rempli un questionnaire autour de leur santé générale, mentale, physique et gynécologique. Les résultats ont été comparés.

Conclusion  : si le taux de ménopauses précoces des participantes (7,6 %) était comparable à celui de la population générale (7,1 %), la prévalence de la ménopause prématurée (c’est-à-dire avant l’âge de 40 ans) était plus élevée (5,2 % contre 1,8 % dans la population générale). Des résultats qui rappellent ceux d’une autre étude récente sur la fertilité des femmes vivant avec le VIH.

Du côté des facteurs de risque, il a été observé que les femmes ayant fait une ménopause prématurée étaient séropositives depuis plus longtemps que les autres, et avaient plus souvent développé un sida. Le fait de prendre un traitement ou non n’avait pas d’impact. C’est le stade avancé de la maladie sida qui était le principal facteur prédictif de la ménopause prématurée.

Source : HIVandHepatitis.com

Laurent Rossignol

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