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VIH et grossesse : enjeux du suivi médical précoce
17/11/2011

Une étude menée au Royaume-Uni a montré que les femmes séropositives ont une tendance deux fois plus marquée que les séronégatives à se présenter tardivement pour la prise en charge de leurs grossesses. Cela concernait plus particulièrement celles issues des minorités ethniques, notamment les Africaines. En France, la première consultation prénatale est recommandée avant 14 semaines d’aménorrhée (absence de règles).

La cohorte observée regroupait plus de 1700 patientes, et les données étaient collectées sur toute la période 2008-2009. Les entrées trop tardives dans les soins anténataux (précédant la naissance) concernent aussi bien des femmes déjà diagnostiquées VIH+ que des séropositives pas encore dépistées.

Pourquoi trop tardives ? Parce qu’il y a un réel bénéfice, démontré depuis longtemps, à être prise en charge tôt quand on est séropositive et enceinte ou avec un désir d’enfant. Quel est-il ? Le stade de la grossesse au moment où aura lieu la première consultation a un fort impact sur la probabilité de transmettre son virus à son enfant, ou non. Plus la prise en charge débute à distance de l’accouchement, plus ce risque augmente. Et inversement : plus les soins sont commencés tôt, plus le risque de contaminer le nouveau-né diminue. Il est même recommandé de débuter un suivi si possible avant la grossesse, ce qui permettra au médecin d’ajuster le traitement antirétroviral. Moins il sera toxique pour le fœtus, mieux c’est.

Rappelons que le risque VIH de transmission mère-enfant (TME, aussi appelée transmission materno-foetale ou « verticale ») est devenu très faible aujourd’hui en France à condition qu’une prise en charge adaptée soit mise en place. Ce risque de mettre au monde un enfant séropositif, qui est de 15 à 20 % sans traitement, est actuellement estimé entre 1 et 2% quand la femme est suivie et traitée au cours de sa grossesse. Et selon deux autres études, il pourrait même baisser jusqu’à 0,1 % quand tout se déroule dans les meilleures conditions possibles (rapport « Yéni 2010 », chp. « Procréation et infection par le VIH », p. 161).

Source : Aidsmap

Laurent Rossignol

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