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Risque cardio-vasculaire et tour de taille
29/11/2011

Combiner la mesure de son tour de taille avec celle de ses triglycérides permet d’évaluer de façon fiable son degré de risque cardio-vasculaire, selon une étude italienne. L’intérêt de cet outil présenté comme « simple et précis » par les auteurs a été montré pour les hommes comme pour les femmes. Il est utilisé depuis plus de dix ans chez des patient-es séronégatif-ves.

Les maladies cardio-vasculaires atteignent le cœur et la circulation sanguine (les vaisseaux). Outre le cœur, leurs organes-cibles sont le cerveau, le poumon, le rein, les artères des jambes. Il s’agit par exemple de l’athérosclérose, de la maladie coronarienne, des accidents vasculaires cérébraux (thrombose, embolie), de l’artérite ou artériopathie des membres inférieurs, ou encore de l’embolie pulmonaire. La morbi-mortalité cardio-vasculaire (maladie et décès) est en augmentation chez les PVVIH.

L’étude a porté sur 2322 patient-es dont 841 femmes, suivi-es dans une clinique métabolique VIH entre 2005 et 2009. Leur niveau de triglycérides (un type de graisses du sang) était mesuré par prise de sang. Les chercheurs ont exploré la relation entre le duo tour de taille-triglycérides et d’autres indicateurs du risque cardio-vasculaire, comme le score (ou formule) de Framingham, l’hypertension, le syndrome métabolique ou le diabète de type 2.

27 % de ces hommes et 20 % de ces femmes cumulaient un tour de taille élevé et une hypertriglycéridémie (excès de triglycérides). Côté hommes, la prévalence du syndrome métabolique et du diabète de type 2 étaient élevées, ainsi que le score de Framingham. Idem chez les femmes, si on y ajoute l’hypertension. L’historique de traitement et le nadir n’affectaient pas ces résultats. Chez les 2 sexes, la forme mixte de la lipodystrophie était très répandue : forme atrophique ou lipoatrophie (fonte des graisses) + forme hypertrophique ou lipohypertrophie (accumulation de graisses), selon les endroits du corps.

La mesure du tour de taille peut être facilement réalisée lors des consultations médicales, à l’aide d’un simple mètre de couturière. Certains médecins la pratiquent déjà systématiquement. Cette méthode de prévention du risque cardiovasculaire est d’ailleurs évoquée à plusieurs reprises dans le dernier rapport d’experts sur la prise en charge du VIH (dit « rapport Yéni 2010 »), pour la surveillance des effets indésirables et la recherche de certaines complications. Qualifiée d’« essentielle » avant l’introduction du traitement antirétroviral (p. 87), la mesure du tour de taille est recommandée dans le diagnostic des lipodystrophies (pp. 90 et 112), des anomalies glucidiques et du syndrome métabolique (p. 124). La technique précise pour que la mesure soit fiable (le geste correct à effectuer) y est détaillée.

Source (en anglais) : Aidsmap

Laurent Rossignol

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